Projet "Un regard sur l'agriculture thaïlandaise", une exploration de l'agriculture thaïlandaise sur six mois

Le Teck, richesse forestière disparue ?

Le teck (Tectona grandis, Lamiacées) est un arbre originaire de l'Asie du sud-est dont la Thaïlande. L'arbre est pourvu de grandes feuilles (30 à 60cm de long) et d'un tronc qui n’excède jamais les 1,5m. Il est considéré comme un excellent bois en raison de son caractère imputrescible sans traitement additionnel mais aussi pour sa couleur chaude et son touché agréable.
Ceci en fait un matériau privilégié pour les utilisations extérieures (mobilier de jardin, construction navale) et l'essence feuillue tropicale la plus demandée.

Il y a cent ans, la forêt recouvrait encore en grande partie le pays. Le défrichement (notamment pour cultiver de nouvelles terres et nourrir une population en forte augmentation) a fait passer la couverture forestière du pays de 75 à 25% (ces estimations sont contestées et certains spécialistes avancent un chiffre aux alentours des 10 %). Durant cette période, le commerce et l'exportation du teck a donc généré d’importants revenus pour le pays. Cette sur-exploitation surtout lors de la seconde moitié du XXème siècle a poussé le pays à contraindre (voir interdire pour les plantations naturelles) son exploitation en 1989 (interdite totalement dans les forêt naturelles). Aujourd'hui, son abattage est réglementé et l'on observe une recrudescence des petites et grandes plantations (au total, 2,9 millions d'ha d'après une estimation FAO en 2012). En effet, « le teck est adapté aux petites plantations en raison de sa valeur élevée, de sa croissance relativement rapide et de sa culture facile » (fao.org).

On voit donc fréquemment dans la région (alentours de Chiang Rai) de jeunes tecks constituant les haies ou les petits bois. Cet arbre apparaît également adapté à certaines pratiques d'agroforesterie étant donné son coût élevé qui rend rentable de le planter à intervalle large avec une culture commerciale intercalaire.

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