Projet "Un regard sur l'agriculture thaïlandaise", une exploration de l'agriculture thaïlandaise sur six mois

Riz Épisode 1 :
Le travail du sol et la gestion de l'interculture

Je suis arrivé le 11 décembre, à la fin des moissons que je n'ai malheureusement pas pu observer. J'aurai donc l'occasion durant ce séjour de 6 mois d'observer le « second » cycle de riz, de janvier à juin. Cette culture n'est possible qu'en présence de réserves d'eau précédemment remplies durant la saison des pluies et pouvant ainsi subvenir à l'alimentation hydrique du riz durant la saison sèche.
On note que cette seconde culture concerne le kao tao (riz que nous connaissons) alors que le riz cultivé durant les mois de juillet à décembre est du riz collant (kao ngiao), ce dernier nécessite en effet davantage d'eau.

Après la moisson, les chaumes (résidus des pieds de riz) sont brûlés et la période est également l'occasion entretenir les bordures (photo 1). Par exemple, la photo 2 ci-dessous présente une parcelle de 30 casiers (20 rai ou 8ha). On y voit les résidus brûlés et un début d’inondation des casiers ainsi que les nombreuses repoussent de riz. L'inondation des casiers permet d'ameublir le sol avant de le travailler. Les photos 3 et 4 présente le motoculteur que tout les riziculteurs possèdent et qui sert à pomper l'eau ainsi qu'à beaucoup d'autres tâches agricoles et jusqu'à récemment au travail du sol.
Ce motoculteur est relié via à une courroie à une pompe qui puise dans les réserves privés dont disposent les riziculteurs du secteur. Les casiers sont donc inondés pour ameublir le sol (et asphyxier les adventices s'étant développées dans la fin de la culture du riz). Pendant plusieurs jours, les riziculteurs passent tous les jours gérer le niveau d'eau de leur parcelle. Les parcelles sont très légèrement inclinées ce qui permet à l'eau de s'écouler de casier en casier. Après quelques jours d'inondation, c'est le moment de travailler le sol : à la main, au motoculteur ou au petit tracteur.

Dans la région où je me trouve (province de Chiang Rai), la plupart des riziculteurs disposent d'un petit tracteur (toujours de marque japonaise Kubota©) d'une cinquantaine de chevaux environ (photo 5). L'outil utilisé est la plupart du temps un rotavator (axe horizontal, photo 6) travaillant dans la boue. Les tracteurs sont d'ailleurs équipés spécialement pour éviter de s'embourber (photo 7).
La photo 8 présente donc la parcelle une fois ce premier passage effectué. Par la suite, il y a un dernier passage pour aplanir le sol, puis place au semis.

La vidéo ci-contre vous montre tout ceci en action.

Voici donc les travaux agricoles entre les deux cultures de riz, lundi 27, je vous présenterai les différentes techniques de semis qui ont déjà commencés. Au 20 janvier, environ 70-80 % des casiers sont semés.

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