Projet "Un regard sur l'agriculture thaïlandaise", une exploration de l'agriculture thaïlandaise sur six mois

Épisode 6 : La moisson du riz

Retardée à cause du manque d'eau et de température, la moisson démarre enfin en ce début de mois de mai. Le riz est à peine mûr mais les petites moissonneuses aux couleurs vives s'affairent dans les rizières.

Voici dans cet article quelques images et une vidéo qui vous présentent le point final de la culture. Les moissonneuses utilisées appartiennent à des riziculteurs qui paient un ouvrier agricole pour faire la moisson dans les rizières du village. Étonnamment, le riz est encore assez vert quand il est moissonné, certains grains sont encore au stade « grain pâteux » voire « laiteux » ce qui signifie que la maturation n'est pas achevée. Ceci va donc entraîner des frais de séchage supplémentaires et montre qu'ils n'ont pas attendus assez. Ceci peut être expliqué par le retard des cultures qui oblige à moissonner un grain à peine mûr pour implanter la prochaine culture « traditionnelle » du riz avant la pleine saison des pluies. Les rizières sont d'ailleurs inondées en partie, ce qui explique les chenilles des moissonneuses. On voit que les conditions ne sont pas les mêmes que celles qu'on retrouve en France pour la moisson des céréales telles que le blé.

Sur les photos et la vidéo, vous pouvez admirer les moissonneuses très décorées. Il s'agit de petites moissonneuses batteuses, elles coupent le plant de riz et le battent immédiatement, stockant ainsi le grain directement (dans la tremis). Elles rejettent ensuite la paille comme nos tondeuses à gazon (fonctionnement d'une moissonneuses-batteuse ici ).

Dès la moisson finie, les riziculteurs recommencent un nouveau cycle. Ils préparent les casiers rizicoles pour le prochain riz. Il y a donc actuellement dans les campagnes une grande hétérogénéité dans les teintes. Certaines rizières sont vertes avec un riz qui a trop souffert et n'a pas encore épié, d'autres arrivent à peine à épiaison, d'autres encore sont plus ou moins mûrs, avec des jaunes divers, et enfin certaines sont déjà en préparation voire semées avec de jeunes pousses d'une semaine à peine.

La grande différence avec nos cultures de céréales est donc l'apparente continuité dans les cycles de culture du riz. Ceci explique que certains pointent du doigt les cultures multiples (deux à trois récolte de riz par an) pour leurs effets sur la fertilité des sols, entraînant un épuisement et un recours croissant aux fertilisants de synthèse.

Un article complémentaire est aussi disponible ici présentant la croissance du riz en images, du mois de janvier au mois de mai.

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