Projet "Un regard sur l'agriculture thaïlandaise", une exploration de l'agriculture thaïlandaise sur six mois

Le palmier à huile

L'huile qui en est issue fait couler beaucoup d'encre : pointée du doigt pour ses conséquences environnementales ou ses méfaits sur la santé. Un petit aperçu de cette culture et la présentation d'un entrepreneur agricole dans ce domaine.

Originaire d'Afrique de l'ouest, on utilise quatre sous produits du palmier à huile : l'huile de palme (contenue dans la chaire du fruit), l'huile de palmiste (amande du fruit), le vin de palme (faiblement alcoolisé et pétillant, goût similaire au « bourru »), et le bois lors des abattages. Utilisée depuis plusieurs milliers d'années sur le continent africain, les premiers usages de cette huile sont alimentaires mais pas seulement. La demande et donc sa production augmentent massivement au cours du 19ème siècle (tout comme l'hévéa présenté ici). Cette huile est alors utilisée comme lubrifiant mécanique, remplace le suif d'origine animale pour faire les chandelles, dans l'industrie pharmaceutique ou pour faire le savon (activité première de l'entreprise devenue aujourd'hui le géant Unilever© !).

Il s'agit aujourd'hui de l'huile d'origine végétale la plus utilisée au monde. Lubrifiant, ou chips, on la retrouve dans beaucoup de produits et beaucoup dans l'alimentaire. Mais pourquoi ?

Ce palmier est tout d'abord très productif, il produit quasiment toute l'année, en grande quantité dans des parcelles qui requièrent peu d'entretien et de mécanisation. Cette culture dispose donc d'une forte rentabilité. Par ailleurs, son huile dispose de caractéristiques physiques et organoleptiques (odeur, couleur, viscosité, stabilité à haute température, rancit peu...) qui en font une matière première appréciée de l'industrie agroalimentaire et autre.

Mais alors pourquoi tant de haine contre le palmier à huile ?

Comme souvent, cette culture n'est pas mauvaise en soi. En effet, comme dit précédemment, sa haute rentabilité en fait un investissement intéressant pour des personnes peu scrupuleuses qui, avec le soutien d'autorités corrompues défrichent des forêts tropicales de la planète, en Indonésie, Malaisie mais aussi en Afrique. Le même problème à été pointé du doigt pour la production d’agrocarburants issus du palmier mais aussi d'autre cultures (canne notamment).

Mais ce n'est pas fini. Son huile est également considérée comme mauvaise pour la santé, trop riche en acide gras saturés. Très schématiquement les acides gras saturés sont néfastes pour la santé (maladies cardio-vasculaires...) et les insaturés (aussi appelé omega-3 ou 6, présents dans les poissons et autres huiles végétales) sont bons. En réalité c'est, comme toujours, plus compliqué. L'huile de palme est donc à éviter en trop grande quantité mais n'est pas non plus un poison en soi (si c'est le cas, les rillettes le sont aussi). Le problème est que nos modes de vie et de consommation alimentaire vont de plus en plus vers des produits préparés ou riches en ce type de mauvaises graisses. Comme on le sait « La dose fait le poison ».

Parlons maintenant plus de l'aspect agricole de cette culture.

Et en Thaïlande ?

Dans le pays du sourire, cette culture est concentrée dans le sud du pays. Elle s'est rapidement développée ces dernières années et la production a plus que doublé en 10 ans (2002 : 641000 t → 2012 : 1,6 millions tonnes). La Thaïlande est aujourd'hui le 3ème producteur, loin derrière les deux premiers. Certaines personnes sur place laissent entendre que la surface augmente aussi fortement due à l'engouement récent pour les agrocarburants, ayant même fait reculer les plantations d'hévéas.

Fertilisation » d'une palmeraie

J'ai eu l'occasion d’accompagner un entrepreneur agricole dans son activité lors de la « fertilisation » d'une palmeraie.

Sawat a 37 ans, une formation en marketing (équivalent BTS) et a travaillé 5 ans comme revendeur d'engrais : il achète près de Bangkok et revend à Krabi dans le sud aux producteurs de palmiers à huile. Aujourd’hui il emploie une personne (parfois plus, qu'il fait venir de loin, en fonction de la saison) pour aller directement fertiliser les palmiers chez les producteurs. Il s'agit d'un poduit liquide foliaire ou de produits « améliorant la fertilité » du sol, la marque est peu connue dans le milieu de l'engrai, plus dans la vente de cosmétique et de produits d'entretiens mais existe depuis des années dans le secteur des produits « naturels » : Amway© .

Lui ne participe pas au travail directement, il démarche, gère l'approvisionnement, supervise et conduit la « citerne » (cf photos). Ses employés pulvérisent la bouillie, mélange d'eau et de produit fertilisant (composition : Cu, Co, B... ). Les salariés touchent 60 bahts par rai (8,75€ / ha) et lui 50. Sur les deux jours en leur compagnie, ils font en moyenne 16ha par jours. On arrive à un salaire journalier pour chacun de 48€ soit environ un quart du salaire moyen mensuel. En même temps, ce travail ne dure que quelque jours par an.

Voici une petite présentation autour du palmier à huile. Prochainement, la récolte du riz qui devrait avoir lieu le 6... enfin !

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