Projet "Un regard sur l'agriculture thaïlandaise", une exploration de l'agriculture thaïlandaise sur six mois

Riz Épisode 5 : Moissons retardées pour raisons climatiques

De retour après plus d'un mois d'absence, je pensait retrouver les rizières du village de Pa Hongam dorées et prêtes à la moisson. Il n'en est rien, celles-ci seront retardées.

Le riz n'a donc pas beaucoup poussé depuis un mois, pour une culture qui en dure quatre normalement, c'est un important retard. Les riziculteurs évoquent un manque de précipitation durant cette hiver. Ceci est également relayé par différents médias. Cette année serait la plus sèche depuis huit ans. Ce manque d'eau se fait plus durement ressentir que les surfaces misent en culture approche le double de celles prévues. Les services publics chargés de la distribution de l'eau semblent inquiets mais ne tirent pas la sonnette d'alarme étant donné les réserves suffisantes (barrages) au travers du pays et le retour des pluies et orages depuis plusieurs jours annonçant la saison des pluies. De plus, la Thaïlande a fait face à une des plus grandes vagues de froid depuis trente ans cet hiver. La région du Nord où se trouve le village de Pa Hongam, proche des montagnes à particulièrement été touchée par ce froid, moins pas cette sécheresse. Néanmoins, ce manque de degré à ralenti considérablement la croissance du riz et les récoltes semblent nécessités un mois de plus. Je ferai donc à nouveau escale dans le village début mai pour y participer.

Par ailleurs, le retard de croissance du riz à diminué son «avance» vis à vis des adventices (mauvaises herbes), celles-ci se sont donc développés de manière importante (profitant des rayons de soleil entre les brins de riz chétifs) si bien que l'on ne voit plus le riz, totalement recouvert, dans certaines rizières. Ceci entraîne une compétition avec la culture et diminuera donc ses rendements, déjà affectés par le manque d'eau. Plus gênant encore, ces adventices arrivent à maturité, les riziculteurs vont devoir redoubler d'effort et de produits phytosanitaires les prochaines années pour gérer les adventices issues de cet important stock de graines. Certains agriculteurs ont anticiper le problèmes et ont coupés les adventices avant qu'elles arrivent à graine à la débroussailleuse, ceci n'est cependant possible que lorsqu'il s'agit de petites surfaces.

Pour finir cet affaiblissement du riz peut expliquer la présence de maladies sur celui-ci... et le manque d'eau peu gêner la fertilisation. En agronomie comme ailleurs, les problèmes s'accumulent et se renforcent les uns les autres dans un cercle vicieux...

Globalement, on voit qu'il y a donc une grande hétérogénéité entre les parcelles, certaines ont un riz assez avancé, épié qui ne demande qu'à sécher, d'autres sont à floraison, d'autres encore ont un riz quasi mort qui ne pourrons pas être récoltées. Les photos ci-contre illustrent tout cela.

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