Projet "Un regard sur l'agriculture thaïlandaise", une exploration de l'agriculture thaïlandaise sur six mois

Agriculture des tribus montagnardes du nord de la Thaïlande

Les « tribus montagnardes » regroupent les Akkha, Lahu, Karen, Hmong, Lisu, Mien, etc. D'origine tibeto-birmanes elles se sont installées sur le territoire thaïlandais plus ou moins récemment fuyant des conflits plus au Nord. Ces tribus rencontrent de forts problèmes d'intégration et de discrimination, souvent considérées par les thaïs comme des gens malhonnêtes (trafiquants de drogue ou voleurs) auquel s'ajoute un niveau de vie des plus bas du pays. Ils n'ont réguliérement pas accès à la nationalité thaïlandaise et constituent donc une partie du million de sans papiers que compte la Thaïlande. Aujourd'hui, leur sort s'améliore lentement grâce à des projets de développement ou coopératives qui leur permettent de vendre leur productions artisanales et agricoles, notamment dans les zones touristiques.
Leur agriculture est très variée et chaque tribu cultive un très grand nombres de plantes.

On y retrouve tout de même très souvent le riz, cultivé ici en pente sans inondation ou en casiers rizicoles en terrasses. Ceci permet une seule récolte par an (saison des pluies) étant donné les faibles infrastructures de réserves d'eau à leur disposition. Les rendements sont moindres dus à un recours modéré aux intrants (même s'ils ont aujourd'hui accès aux engrais de synthèse et produits phytosanitaires). Le riz est semé en mai au début de la saison des pluies et récolté en octobre à la fin de cette saison. Il est apparemment semé dans des trous faits par un bambou où l'on place entre 6 et 10 graines. Peu avant la récolte, une partie des pannicules est coupée pour permettre une aération des épis et ainsi optimiser le séchage des grains sur pieds.

Par ailleurs, on retrouve également le maïs de manière très fréquente. Ceci fait donc remarquer que l'agriculture des tribus montagnardes est très semblable a celle de l'Amérique latine d'altitude : café, haricots (rouge et vert), maïs, légumineuses, courges, poivre etc. Plus récemment la production de fraise, d'autres fruits et de fleurs s'est développée, soutenue par des initiatives royales pour remplacer la culture de l'opium du triangle d'or. On trouve aussi dans leur production agricole du sésame, du millet ou encore du coton, patates douce, tabac, tomates, melons, ou encore soja.
Pour finir certaines d'entre elles cultivent des plantes herbacées pour réaliser les toits en chaumes, le bardage ou les balais. Ceci peut donc leur apporter un revenu complémentaire notable.

Certaines tribus ont encore aujourd'hui recours à une agriculture « abatis brûlis cultures itinérantes ». Il s'agit d'un mode de culture très ancien où l'on brûle la forêt ce qui enrichis le sol par les cendres fertilisantes et assainis par la chaleur. Les tribus cultivent alors la terre quelques années avant de délaisser la parcelle une dizaine d'années avant d'y revenir une fois celle-ci « régénérée ». Cette agriculture est cependant menacée par une population souvent en expansion démographique obligeant un raccourcissement des cycles et donc une «régénération» incomplète. Ceci entraîne par ailleurs des problèmes certains d'érosion des sols et de la biodiversité. Du point de vue du bétail, on retrouve des élevages très traditionnels « de déambulation» avec des porcs noirs, des volailles principalement en semi liberté dans les villages.

Sur les photos on peut voir des parcelles en pentes cultivées par les Akkha (mélange de céréale et de légumineuse), des porcs, volaille et vache élevés dans un village Lahu. Pour finir, des photos moins agricoles avec une femme Lahu tissant dans sa maison et des jeunes filles jouant pendant nouvel an de cette même tribu (fin janvier – début février). Pour finir, des outils servant à moissonner le riz, un panier pour le battre et un pilon géant pour en faire de la farine.

Retour à la liste des articles